La culture de l’Occident n’est pas l’unique modèle

En plein bouleversement mondial et conscient de la place de la Chine dans les années à venir, le gouvernement chinois a appelé à la promotion et au développement de la culture chinoise dans le monde, notamment à travers ses instituts Confucius. Lors d’une session plénière du 17ème comité central du Parti communiste chinois en octobre dernier, le secrétaire général du PCC et président, Hu Jintao, a appelé à promouvoir la paix et le développement dans le monde. A cette occasion, le chef de l’état a fustigé les “forces hostiles internationales” qui “intensifient leurs tentatives d’occidentalisation et de dislocation de la Chine » à travers la diffusion de « leur culture et leur morale”.

Le président Hu a par ailleurs souhaité voir la culture chinoise se développer afin de “répondre à la demande croissante de la population sur le plan spirituel et culturel”. Mettant en avant la faiblesse de la culture chinoise sur le plan international, Hu Jintao a déploré l’absence d’influence internationale de la culture chinoise, qui ne correspondrait pas au statut international de la Chine.

Cependant, la Chine a vu le nombre d’Institut Confucius augmenter depuis une dizaine d’année. Il existe plus de 350 Instituts Confucius et 500 salles de classe Confucius, qui ont été ouverts dans 101 pays et régions. Quelques semaines après l’allocution de Hu Jintao, Liu Yandong, conseillère d’Etat, a indiqué lors de la cérémonie d’ouverture de la 6ème conférence des Instituts Confucius que “La Chine continuera à soutenir la construction d’Instituts Confucius pour promouvoir les échanges culturels”.

L’Institut Confucius, du nom de l’ancien philosophe chinois, est une institution publique non-lucrative destiné à promouvoir la culture et la langue chinoises à l’étranger. “Les instituts Confucius aident à diffuser la langue chinoise dans le monde et à introduire des langues étrangères en Chine” a indiqué Liu Yandong.

De son côté, Wang Yuechuan, professeur au département de chinois de l’université de Pékin a expliqué dans un ouvrage collectif “Le grand souffle chinois”, que l’internationalisation de la culture chinoise devrait coïncidait avec la globalisation de la culture occidentale. “Notre participation à la vie internationale a pour effet de remettre notre culture en lumière, ce qui nous oblige à être plus exigeants vis-à-vis de nous-mêmes et de l’image de la Chine que nous projetons. Les conflits militaires et économiques ont laissé place à un affrontement entre soft powers de manière durable. La Chine doit s’attacher à dresser le bilan de son héritage culturel pour parvenir à une renaissance de la pensée et de la création artistique, et à diffuser la production intellectuelle chinoise d’aujourd’hui. Le monde doit finir par ­traiter la pensée chinoise sur un pied d’égalité” a-t-il expliqué.

L’auteur, accompagné dix chercheurs parlent de la stratégie de l’Etat et de la mission historique nationale, conclut que “Le plus urgent est de mettre un terme aux échanges culturels en sens unique entre l’Occident et la Chine et au déficit culturel chinois”. Mettant en avant la notion de “sécurité culturelle”, mise à mal selon lui par le dédain occidental et la contestation de la réalité de l’influence historique de la culture chinoise dans la région, comme en Corée et au Japon. Wang Yuechang appele au “renouveau de la culture chinoise, avec une redéfinition de l’identité culturelle chinoise et de ses rapports avec l’étranger”.


La fin du dollar en Asie ?

29 décembre 2011 Laisser un commentaire

Les premiers ministres chinois et japonais, Wen Jiabao et Yoshihiko Noda, se sont entretenus sur leurs monnaies respectives et leurs dépendances au dollar. A l’issu de leur rencontre, le gouvernement japonais a annoncé qu’il encourageait l’utilisation directe du Yen et du Yuan dans les transactions bilatérales.

Jusqu’à aujourd’hui, 60% des échanges commerciaux sino-japonais sont libellés en dollar, l’introduction du yuan et du yen sur le marché risque de prendre un certains temps. Mais d’ici là, la Chine a indiqué son refus de rendre le yuan convertible et teste sa monnaie sur les marchés internationaux.

Cette stratégie porte ses fruits, en 2010, près de 8% des échanges internationaux ont été libellés en Renminbi, alors qu’ils n’étaient que d’1% en 2009. Le yuan commence au fur et à mesure à s’imposer comme une vraie monnaie d’échange, qui pourrait un jour devenir une monnaie de référence avec le dollar, le yen et l’euro.

Réplique du Trésor Américain

Au lendemain de l’annonce du gouvernement japonais d’accentuer les échanges en yuan, le département du Trésor a indiqué, dans son rapport semestriel sur les taux de changes, son souhait que la Chine et le Japon cessent d’agir pour affaiblir leur monnaie.

Le rapport indique que le yuan restait “considérablement sous-évalué” malgré son appréciation des derniers mois, et que les interventions du gouvernement japonais pour faire baisser le cours du yen ne lui paraissaient plus légitimes. “La tendance de longue date de la Chine à accumuler des réserves en devises étrangères, la persistance de l’excédent de ses comptes courants et l’appréciation inachevée du renminbi le nom officiel du yuan, compte tenu en particulier de la rapide croissance de la productivité dans le secteur des biens exportés, indique que le taux de change réel du Renminbi persiste à être désaligné et reste considérablement sous-évalué”, a écrit le Trésor.

Inquiet de leur perte d’influence en Asie, les Etats-Unis tentent de revenir à force de mission diplomatique, tout d’abord au Japon, puis en Corée du Sud, Birmanie puis en Chine, où Joe Bident s’est assuré du soutien de Pékin, lors de la polémique autour du relèvement du plafond de la dette américaine.

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Le Soudan commercialise en Yuan

Les relations entre la Chine et le Soudan se sont intensifiées en 1997, lorsque le Soudan est sous le coup de sanctions économiques américaines. En gage de ses bonnes relations avec la Chine, les autorités soudanaises ont demandé à son plus important partenaire commercial d’utiliser le yuan et la livre soudanaise plutôt que le dollar dans leurs échanges commerciaux, a indiqué mercredi 28 décembre 2011, le gouverneur de la Banque centrale soudanaise, Mohamed Khair Elzoubair.

“Si la Chine est d’accord, nous pourrons peut-être complètement abandonner le dollar. L’économie chinoise est maintenant la deuxième dans le monde et deviendra bientôt la plus importante“, a déclaré Mohamed Khair Elzoubair à des journalistes.

L’économie du Soudan a été déstabilisée par l’indépendance du Soudan du Sud, le 9 juillet 2011, lui faisant perdre une grande partie de ses ressources pétrolières. Pékin, principal investisseur étranger dans le secteur pétrolier soudanais, est également le plus gros acheteur de brut soudanais et un important fournisseur de matériel militaire.

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