Une réforme des retraites contestée

A l’instar de celle proposée par le gouvernement de François Fillon en 2010, l’actuelle réforme des retraites devrait faire des remous auprès des syndicats qui contestent déjà les principaux points du rapport Moreau.

Yannick Moreau a remis vendredi 14 juin au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, son rapport intitulé “Nos retraites demain : équilibre financier et justice”. Le document met en avant une série de pistes afin de réduire le déficit de l’ensemble des régimes de retraite, estimé à 20 milliards d’euros d’ici 2020, et de « renforcer l’équité et la lisibilité », du système. Or, sur la prolongation de la durée de cotisation jusqu’à 44 ans, le document préconise de mettre à contribution les retraités et remet en question les pensions des fonctionnaires.

Allongement de la durée de travail

Le rapport propose « une accélération des durées d’assurance » pour obtenir une retraite à taux plein pour les salariés du privé ou du public. Ce qui signifie un allongement de la durée de cotisation pour obtenir le taux plein, les salariés devront travailler 43 ans pour ceux nés à partir de 1962 et 44 ans pour ceux nés à partir de 1966, contre 41,5 ans par le passé. Le gouvernement propose de ne pas repousser l’âge de départ à la retraite fixé à 62 ans en 2010.

L’allongement de la durée de travail serait une entrave à la lutte contre le chômage à La Réunion, car laisser les séniors travailler plus longtemps empêcherait les jeunes d’entrer sur le marché du travail. D’autant que le chômage s’accélère, passant de 150.390 en mars 2013 à 153.480 en avril, soit une hausse de 2,1%.

Danièle Karniewicz, de la CFE-CGC, a déclaré sur France Inter que « le plus efficace, c’est d’allonger le temps de travail sur le temps de vie et je ne dis pas la durée de cotisation. Car pour les jeunes générations — qui ont du mal à rentrer sur le marché du travail —, un levier de l’âge est plus efficace qu’un levier de la durée de cotisation ». A La Réunion, les syndicalistes Ivan Hoarau et Paul Junot s’accordent à dire que « rallonger la durée de l’activité signifierait faire travailler les séniors plus longtemps et donc augmenter les difficultés des jeunes pour trouver un emploi ».

Les fonctionnaires sur le grill

Pour les fonctionnaires, il est suggéré de calculer les pensions non plus sur les salaires des 6 derniers mois, mais sur une période allant de 3 à 10 ans, avec une petite intégration des primes. Cette démarche vivement contestée par les syndicats s’apparente à un appauvrissement des retraités. Jacques Libert, de l’UNSA, a expliqué dans la presse que le calcul sur les 6 derniers mois de salaires « permet d’avoir des retraites à peu près acceptables ». Pour ce dernier, si on met en application cette proposition, « les pensions des fonctionnaires baisseraient de 300 euros en moyenne par mois ».

Avant la remise du rapport, plusieurs syndicats, dont la CGT et FO, ont évoqué un « casus belli »(cas de guerre) si le calcul des retraites des fonctionnaires était basé sur une durée de référence variant de 3 à 10 ans et non de 6 mois.

Selon la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, « si les fonctionnaires ne doivent évidemment pas rester à l’écart d’une réforme à venir, il n’est pas envisageable d’en faire les boucs émissaires de la situation de nos régimes de retraite ». Cependant, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le procès fait aux fonctionnaires. Le gouvernement souhaite revoir les avantages des fonctionnaires et des salariés des régimes spéciaux. En effet, dans le privé, la pension tourne autour de 50% du salaire moyen des 25 meilleures années, auxquels s’ajoutent les points acquis dans les régimes complémentaires. Alors que dans le public, la pension s’élève à 75% du salaire moyen des 6 derniers mois, sans les primes qui sont entre 28,5% du traitement brut d’un agent de l’État et 5,5% du salaire des instituteurs.

Actifs et retraités taxés

Le rapport Moreau prévoit « une sous-indexation exceptionnelle à titre transitoire ». Il s’agit d’une désindexation de « 1 point (de moins que l’inflation) en 2014 et 2015 pour les pensions soumises à la CSG », a expliqué l’“AFP”, qui indique que celle-ci pourrait être de « 0,5 à 1,2 point, ou une sous-indexation pour l’ensemble des retraités ».

Parmi les autres propositions, le rapport propose de « diminuer légèrement le montant des salaires des actifs qui compteront pour la retraite, d’un montant de 1,2 point pendant les années 2014 à 2016 ».

Les actuels retraités imposables pourraient voir leur taux de Contribution sociale généralisée (CSG) aligné sur celui des actifs, passant de 6,6% à 7,5%. Yannick Moreau propose aussi de baisser l’abattement fiscal de 10% dont ils bénéficient comme les actifs au titre des frais professionnels en le portant à 7,5 ou 3%. Cela reviendrait à une hausse d’impôt pour les retraités. Les ménages avec trois enfants pourraient être taxés sur leurs majorations de pensions de 10%. Quant aux entreprises, elles seront mises à contribution avec une hausse 0,1 point par an pendant 4 ans et à parts égales des cotisations retraite des employeurs et des salariés pour les salaires au-dessus du plafond de la Sécurité sociale.

Dans une conférence de presse, le Premier ministre a expliqué qu’un projet de loi serait remis au Parlement « à la fin de l’été » et un projet de loi sera voté d’ici la fin de l’année. Jean-Marc Ayrault a ajouté que « les efforts ne seront pas écrasants » , mais insiste sur la nécessité d’une nouvelle réforme des retraites. Ce dernier a mis l’accent sur « la justice et la continuité » , les deux axes majeurs de ce chantier. Une concertation avec les partenaires sociaux sera lancée lors de la conférence sociale des 20 et 21 juin.

Témoignages – 15 juin 2013

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Le berceau de la démocratie débranche sa télévision

La grève générale contre la fermeture par le gouvernement de la radiotélévision publique « Ellinikí Radiofonía Tileórasi », jeudi 13 juin, a réuni plus de 12.000 personnes devant le siège du groupe ERT à Aghia Paraskevi, dans la banlieue nord d’Athènes.

L’appel des syndicats du privé et du public, GSEE et Adedy, a rassemblé près de 10.000 personnes à Athènes, occasion pour les Grecs de dénoncer les politiques d’austérité qui touchent le service public. À Salonique, 2.000 personnes manifestaient devant le siège de la chaîne ET3, l’une des cinq chaînes appartenant au groupe audiovisuel ERT.

20.000 personnes à travers le pays

Efi Zerva, rédactrice en chef de la chaîne ERT s’est réjouie auprès de l’Agence France Presse, « du soutien des milliers de gens qui sont venus réclamer la réouverture de l’ERT ». Cette dernière et des journalistes occupent la salle de contrôle de la chaine et tentent de diffuser des émissions via le site web de l’organisme. Ces derniers ont reçu le soutien de nombreuses associations de journalistes européens, de l’Union européenne de Radio-Télévision (UER), de la télévision franco-allemande Arte et de la télévision belge.

À l’annonce de la fermeture de la chaine, des milliers Grecs ont fait part de leur mécontentement en se réunissant mardi dans l’après-midi devant les portes de la chaine. Des banderoles ont été déployées devant le grand bâtiment historique de l’ERT, pour soutenir les 2.656 employés menacés de licenciement. Certaines banderoles appelaient les citoyens « à ne pas rester sans réaction » , car « on brade tout », a révélé l’Agence France Presse.

D’après les observateurs, la fermeture précipitée de la chaine survient lors de l’arrivée de la troïka à Athènes. Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, aurait voulu prouver sa détermination à réformer en profondeur le service public. Le gouvernement reproche à l’ERT : « ses privilèges, son clientélisme, et sa mauvaise gestion », mais respectée dans les milieux culturels. Le Premier ministre aurait précisé lors d’une conférence à la Chambre de commerce grecque à Athènes mercredi soir que « l’ERT des privilèges s’est écroulée (…), on ne ferme pas la télévision publique, une nouvelle station sera créée très prochainement ». Cependant, depuis le début de la crise de la dette, les salariés auraient vu leur revenu diminuer de 45%, selon les syndicats.

Retour de la dictature

Les syndicats du privé et du public, GSEE et ADEDY, ont dénoncé une fermeture « antidémocratique » menée « dans le cadre des politiques d’austérité », et ont qualifié de « coup d’État » la « décision de M. Samaras ».

Pour l’ADEDY, l’objectif du gouvernement « est la suppression d’organismes publics et le licenciement de 14.000 fonctionnaires ». Les soutiens européens ont demandé la réouverture du groupe, vieux de 60 ans, qui reste pour les Grecs « un symbole de démocratie dans un pays où l’information a été sévèrement bridée pendant la dictature militaire de 1967 à 1974 ».

Face à l’ampleur de la contestation, le porte-parole du gouvernement Simos Kédikoglou a mis en exergue le projet de loi portant sur la création d’ « une nouvelle radio, internet et télévision grecs » qui devrait s’appeler Nerit S.A. Celle-ci devrait émettre d’ici fin août, avec 1.200 employés, soit la moitié de l’effectif actuel. Les récentes décisions gouvernementales pourraient engendrer une crise politique. Evangelos Venizelos, le leader du Pasok, le parti socialiste grec, a indiqué qu’il y avait « une ambiance de crise politique et institutionnelle ». Les deux alliés de la coalition gouvernementale, les socialistes du Pasok et la gauche modérée de Dimar se sont désolidarisés d’Antonis Samaras. Sans eux, le gouvernement de droite ne dispose plus de la majorité au parlement, car elle ne compte que 125 députés sur 300.

Avec une telle formation politique, le projet de loi portant sur la création d’ « une nouvelle radio, internet et télévision grecque » pourrait ne pas passer. D’autant que les réactions internationales ne se sont pas fait attendre et de nombreuses voix s’élèvent contre cette fermeture « abusive ». Pour Christos Karayanidis, député de l’opposition, Syriza, interrogé par “L’Humanité”, la chaine ERT est « un vecteur public d’information avec une orientation juste ». Ce dernier a expliqué qu’une chaine publique peut « produire des informations objectives. Or, avec la fermeture de l’espace public d’information, un transfert de l’information sera effectué vers les chaines privées qui, en Grèce, appartiennent au grand capital ». Depuis le début de la crise, « les chaines privées ont déformé la réalité, fait peur aux gens afin qu’ils ne réagissent pas et ne résistent pas aux politiques d’austérité que le gouvernement veut appliquer ».

Témoignages – 14 juin 2013

Soutien de la CGT France Télévisions

France Télévisions fait aussi l’objet « d’un plan d’économies drastiques », indique la CGT dans un communiqué :

« Le SNRT CGT de France Télévisions apporte tout son soutien aux milliers de salariés d’ERT (chaînes et radios publiques grecques) frappés par cette mesure de fermeture d’une brutalité sans précédent et chassés de leurs emplois.

Les prétextes invoqués sur la mauvaise gestion de l’entreprise et des gages donnés à la troïka ne font guère illusion. Il s’agit bien d’une mesure de rétorsion contre une entreprise de service public jugée trop critique vis-à-vis des plans d’austérité à répétition mis en place par le pouvoir politique et d’une atteinte à la démocratie.

Les salariés de France Télévisions qui font eux aussi l’objet d’un plan d’économies drastiques adressent toute leur solidarité à leurs collègues des chaînes publiques de télévision et de radio grecques. Le SNRT CGT appelle à se joindre aux initiatives de soutien qui seront organisées dans les heures et les jours qui viennent ».

Solidarité en Europe

William Maunier, Secrétaire général du SNRT-CGT Audiovisuel et Président d’EURO-MEI, explique comment la résistance s’organise.

« La puissante centrale syndicale grecque GSEE se mobilise et apporte son soutien à POSPERT notre syndicat frère de l’ERT.

Les syndicats grecs de journalistes POESY appellent à une grève dans le secteur privé en soutien de leurs confrères du public.

EURO-MEI, la Fédération européenne des syndicats des médias, du spectacle et des arts appelle ses affiliés à soutenir les salariés de l’ERT et leur syndicat POSPERT. D’ores et déjà, ACOD-VRT le syndicat de la télévision belge flamande prévoit une manifestation devant l’ambassade de Grèce à Bruxelles.

Le SNRT-CGT Audiovisuel appelle ses sections et syndicats à manifester leur soutien aux salariés de l’ERT et à leur syndicat POSPERT par tous les moyens possibles (lettres de soutien, pétitions, etc.)

La Grèce avec d’autres pays (Portugal, Irlande, Espagne, etc.) est devenue les laboratoires anti-sociaux de l’Europe et tous les pays sont menacés à terme.

La solidarité du monde du travail doit s’exercer dans et au -delà des frontières si nous ne voulons pas voir le mauvais vent du libéralisme, amplifié par la crise, souffler encore plus fort et emporter l’ensemble des acquis des travailleurs en Europe ».

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Le parc Gezi évacué

Samedi 15 juin, les policiers turcs ont évacué par la force du parc d’Istanbul, des dizaines de milliers de personnes logeant sur le parc. Ces derniers défient depuis plus de deux semaines le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en demandant sa démission.

Recep Erdogan avait lancé deux heures plus tôt un avertissement aux manifestants, lors d’un discours prononcé devant plusieurs dizaines de milliers de ses partisans réunis dans une banlieue d’Ankara. « Nous avons une réunion publique demain à Istanbul. Je le dis clairement : si Taksim n’est pas évacuée, les forces de sécurité de ce pays sauront comment l’évacuer », a-t-il indiqué.

Bien avant, la coordination de manifestants « Solidarité Taksim » avait annoncé son refus de quitter le parc Gezi, malgré les gestes de conciliation du pouvoir au nom de la « résistance contre toute injustice dans notre pays ». L’ultimatum de Recep Erdogan est en contradiction avec sa promesse de ne pas toucher au parc tant que la justice, saisie par les adversaires de la destruction du parc, n’aurait pas définitivement tranché le dossier.

« Une zone de guerre »

Tentes détruites et banderoles arrachées, des dizaines de personnes ont été interpellées, d’après les journalistes de l’“Agence France Presse” sur place. « Ils sont entrés de force, avec beaucoup de gaz. Ils nous ont frappés, même les femmes », a raconté un jeune manifestant à l’“AFP”. « J’étais à l’intérieur de la tente-hôpital (…), ils ont lancé des grenades lacrymogènes et des dizaines de policiers sont entrés », a rapporté de son côté Elif, une thérapeute de 45 ans.

La police a été jusqu’à poursuivre les manifestants dans toutes les rues environnantes, y compris dans le hall d’un hôtel luxueux copieusement arrosé par les canons à eau de véhicules antiémeutes et gazé. Selon l’organisation « Solidarité Taksim », des « centaines » de personnes ont été blessées, contre 29 annoncées par le gouverneur d’Istanbul, Huseyin Avni Mutlu.

Le vice-Premier ministre, Huseyin Celik, s’est félicité de l’évacuation du parc : « J’espère que nous pourrons oublier tout ça, comme un mauvais rêve ou un cauchemar ». De son côté, le collectif « Solidarité Taksim » a condamné l’opération, qui « a transformé le parc Gezi, Istanbul et le pays en zone de guerre ». « Cette attaque brutale de la police doit s’arrêter. Le parti au pouvoir sera tenu pour responsable des événements », a-t-il ajouté.

« Nous allons continuer et personne ne nous arrêtera »

A l’annonce de l’évacuation du parc, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Istanbul, afin de marcher sur la place Taksim. Des manifestants ont expliqué : « Nos revendications dépassent les limites du parc Gezi, à présent, il s’agit d’un mouvement contre le gouvernement », ou encore « Nous allons continuer et personne ne nous arrêtera ».

Pour un autre manifestant, « c’est le point de non-retour », car « il s’agit de défendre la liberté en Turquie ».

A Ankara et Izmir (Ouest), des milliers de personnes ont manifesté en fin de soirée, pour dénoncer l’évacuation dans la capitale. Débutée le 31 mai, la mobilisation avait démarré après la dispersion violente des militants écologistes qui protestaient contre la destruction du parc Gezi et de ses 600 platanes. Le gouvernement avait prévu de construire une mosquée et une zone commerciale sur la place symbolique de Taksim, symbole de la contestation.

Malgré la contestation, le chef du gouvernement, dont le Parti de la justice et du développement (AKP) a remporté 50% des voix aux législatives de 2011, a adopté une position très ferme face aux contestataires. Allant jusqu’à qualifier les manifestants de « pillards », « voyous » et d’« extrémistes », ce dernier s’est présenté comme la « voix des masses silencieuses ».

La place Taksim est interdite et des unités de gendarmerie sont venues soutenir la police. La tension reste vive à Istanbul et Ankara, où des milliers de manifestants ont décidé de maintenir la mobilisation. La place Taksim est interdite et des unités de gendarmerie sont venues soutenir la police. La tension reste vive à Istanbul et Ankara, où des milliers de manifestants ont décidé de maintenir la mobilisation.

Témoignages – 17 juin 2013

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Ergogan met en place sa riposte

Après avoir usé de la force pour déloger les manifestants de la place Taksim, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lance deux grands rassemblements à Ankara, le 15 et Istanbul, le 16 juin. L’objectif est de rassurer ses partisans et réaffirmer son autorité, après le mépris déclaré envers les manifestants, qualifiés d’« ivrognes » et de « voyous ».

Le Premier ministre tente de négocier un retour au calme, après avoir rencontré, jeudi 13, à Ankara, des délégations de manifestants, composées d’artistes, d’universitaires et de représentants des occupants du parc Gezi. Ce dernier a fait une série de propositions pour contenter les manifestants tout en dénonçant la résolution du Parlement européen.

Le projet immobilier remis en question

Point de départ des tensions, les travaux au parc Gazi ont été suspendus. « La note positive de la nuit, ce sont les explications du Premier ministre disant que le projet ne sera pas poursuivi tant que la justice n’aura pas rendu sa décision finale », a réagi auprès de l’AFP, l’un des deux membres du collectif Solidarité Taksim présent à la réunion, l’urbaniste Tayfun Kahraman.

Le gouvernement pourrait organiser un référendum local sur le projet immobilier, même si le tribunal conclut à la validité des travaux. De plus, le Premier ministre a promis une enquête sur les violences policières qui ont fait quatre morts et des centaines de blessés et plus d’un millier d’arrestations depuis le 1er juin. « C’est un résultat positif et nous pensons qu’il sera évalué comme tel par nos amis », a indiqué Tayfur Kahraman, porte-parole de la plate-forme de Taksim, membre de la délégation ayant rencontré Recep Tayyip Erdogan.

Toutefois, vendredi 14 juin, les manifestants étaient divisés et sceptiques, souhaitant principalement la démission du premier ministre, acteur de l’islamisation de la société selon eux. « Il faut continuer jusqu’à la démission du gouvernement », a expliqué un jeune manifestant, soutenu par une femme de 57 ans : « Nous avons obtenu satisfaction sur le parc, mais pas sur nos autres revendications ». Les manifestants veulent l’interdiction de l’usage du gaz lacrymogène, la démission de responsables policiers et la libération de toutes les personnes arrêtées durant les manifestations.

Erdogan conserve sa fermeté

Malgré les avancées et tentatives d’apaisement, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, reste ferme dans ses déclarations publiques. Ce dernier a affirmé, jeudi 13 juin, vouloir que la protestation s’achève dans les 24 heures. « Nous ne laisserons pas régner la terreur dans nos villes ; nous ne dirons pas “amen” aux perturbateurs. Il y a dans le parc des organisations illégales, ne vous mêlez pas à eux, ne participez pas à cette occupation, sortez de là ! Laissez-les-nous et nous nous en occuperons », a-t-il prévenu.

De son côté, le Parlement européen a voté une résolution critiquant l’usage abusif de la force par les autorités turques. Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a jugé « inacceptable » cette résolution, affirmant que la Turquie était une « démocratie de première classe » et n’avait de leçon à recevoir de personne. « Cette résolution, lorsqu’elle nous sera transmise, sera immédiatement rejetée », a déclaré le ministre turc, devant les médias.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé mercredi 12 juin, Recep Erdogan à privilégier le dialogue et non la confrontation. Pour l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, « Ce qui s’est passé en Turquie est une claire violation des droits de l’Homme, et nous savons tous que ce n’est pas un cas isolé ». Le Parlement a également mis en garde le gouvernement d’Ankara contre l’adoption de « mesures sévères à l’encontre des manifestants pacifiques » et « exhorte le Premier ministre à adopter une position d’unité et de conciliation afin d’éviter toute aggravation de la situation ». Cette résolution survient au moment même où l’ONU annonce la mort de 90.000 personnes, dont 6.500 enfants décédés en Syrie, depuis le début du conflit en 2011.

Témoignages – 15 juin 2013

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« Une note positive » à Bonn sur le climat

Les pourparlers des Nations unies lancés à Bonn ont pris fin vendredi 14 juin. Ceux-ci interviennent dans le cadre de négociations d’un accord international espéré sur le climat à Paris en 2015. Malgré des points de tension avec la Russie, des progrès ont été réalisés, d’après la responsable climat de l’ONU, Christiana Figueres.


Rassurée de la prise de conscience des gouvernements des changements climatiques et de la nécessité de mettre en place une nouvelle politique d’adaptation et d’aménagement, Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC), a rappelé l’objectif des États à signer « un accord global contraignant tous les pollueurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre » (GES).

Contenir le réchauffement à 2°C

En dépit des prévisions et du danger pour la planète d’atteindre un réchauffement climatique de 2°C, celui-ci a été atteint. Tant et si bien que les gouvernements ont décidé de contenir ce réchauffement à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Cette ambition reste incertaine pour certains observateurs, en raison du peu de résultats obtenus depuis 1995 dans le processus de négociations auprès de plus de 190 pays.

Les dernières publications sur le climat mettent en avant des prévisions moroses de 3 à 5°C. Ces perspectives négatives ont alerté les responsables internationaux, notamment Christiana Figueres, qui a expliqué le 10 juin, à l’occasion de la diffusion d’une étude de l’Agence internationale de l’Énergie, que celle-ci « arrive à un moment crucial des négociations sur le changement climatique. Encore une fois, il nous est rappelé qu’il y a un gouffre entre les efforts jusqu’à présent consentis et l’engagement nécessaire à maintenir la hausse de la température mondiale à moins de deux degrés ». Cette dernière a d’ailleurs indiqué qu’il était possible d’atteindre les objectifs, « en utilisant des technologies éprouvées et des politiques connues, et sans entraver la croissance économique dans aucune région du monde ».

Le rapport de l’AIE (Agence internationale de l’énergie), intitulé “Redessiner la carte de l’énergie et du climat”, a proposé aux négociateurs de réaliser 80% de l’effort de réduction de gaz à effet de serre, en les faisant passer actuellement de 4 gigatonnes de CO2 à 3,1 gigatonnes de CO2 d’ici 2020. L’agence préconise pour cela l’adoption de mesures d’efficacité énergétique (-1,5 Gt), la limitation de la construction et de l’utilisation des centrales à charbon inefficaces (-640 Mt), la minimisation des émissions de méthane dans les processus de production de gaz et pétrole (divisées par 2) et l’élimination partielle des subventions aux énergies fossiles (-360 Mt). (Actu-environnement.net).

Divergences d’opinions

Le vice-président indien du groupe de travail sur l’accord de 2015, Jayant Moreshver Mauskar, a expliqué qu’un « voyage de 10.000 km commence par un premier pas, et nous en avons fait plusieurs », ajoutant que « les vraies difficultés sont désormais devant nous ». Lors des négociations, des certitudes sont apparues, l’engagement des États pour une réduction de leurs GES et la mise en forme juridique du prochain accord. De son côté, l’Union européenne tente de mettre en place un système au sein duquel tous les pays indiqueraient les efforts qu’ils sont prêts à consentir. Ce système serait muni d’un mécanisme pouvant hausser le niveau d’ambition.

Face à ces engagements, le groupement d’ONG, Climat Action Network, a appelé les dirigeants à s’engager à mettre leurs promesses sur la table d’ici 2014.

Pour Ruth Davis, de Greenpeace, « avoir suffisamment de temps pour négocier ces engagements est vital pour éviter le type de chaos de dernière minute qui a fait du Sommet de Copenhague en 2009 un tel désastre ».

Le groupe des pays en développement (G77) et de la Chine est resté sur sa position de ne pas les mettre au même niveau que les pays industrialisés « historiquement responsables du réchauffement » . Ce positionnement devrait être un point de tension lors des prochaines négociations.

La Russie a de son côté bloqué les travaux d’un autre groupe, en exigeant de « mettre à l’ordre du jour la question des procédures de prises de décision, par consensus, dans ces négociations internationales », a indiqué l’“Agence France Presse”.

Les représentants russes se sont indignés de la façon dont l’accord de Doha en 2012 a été adopté en dépit de leurs protestations. Ce blocage a été dénoncé par l’envoyé de l’UE, Jürgen Lefevere, qui a indiqué que « c’est un contretemps regrettable (…) dans la mesure où aucun travail formel n’a été fait ».

La prochaine conférence mondiale sur le climat aura lieu au Pérou en 2014, avant celle de Paris, destinée à mettre en place un accord de lutte contre le réchauffement.

Témoignages – 17 juin 2013
Encadré: +5,3 degrés

Rapport de l’Agence internationale de l’Énergie.

 

Dans son rapport, l’AIE confirme les mises en garde faites précédemment sur le réchauffement climatique. « Si nous continuons sur la trajectoire actuelle, l’augmentation de la température ne sera pas de 2 degrés, mais de 5,3 degrés (par rapport à l’époque préindustrielle – NDLR), ce qui aurait des conséquences désastreuses en termes d’évènements climatiques extrêmes, d’élévation du niveau de la mer et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux », a prévenu la directrice générale de l’AIE, Maria van der Hoeven, lors de la présentation du rapport lundi 10 juin à Londres.

L’AIE, branche de l’OCDE, a proposé quatre séries de mesure citées plus haut, qui permettraient de réduire de 3,1 gigatonnes les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, soit 80% des économies recherchées par l’objectif de 2 degrés. Ces mesures « ne permettent pas d’atteindre (complètement) l’objectif de 2 degrés, mais en ces temps de difficultés économiques, elles feront du bon travail », a précisé l’économiste en chef de l’AIE, Fatih Birol. Si les États ne décidaient pas d’agir dès maintenant pour respecter la cible des 2 degrés, ils économiseraient 1.500 milliards de dollars, mais ils leur en coûteraient alors 5.000 milliards à partir de 2020 pour atteindre le même but, selon l’agence.

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Fermeture de la télévision nationale en Grèce

La radio télévisée publique grecque, « Ellinikí Radiofonía Tileórasi » (ERT) a été débranchée, mardi 11 juin, par le gouvernement pour des raisons économiques, mais la contestation monte contre la Commission européenne, jugée responsable de cette décision. En réponse à cette fermeture, les deux grands syndicats du privé et du public du pays ont appelé à une grève générale jeudi 13 juin. D’ailleurs, des milliers de personnes s’étaient réunis devant les locaux du groupe à l’annonce de sa fermeture et le licenciement de 2.656 salariés.

En raison d’une mauvaise gestion

Le gouvernement a décidé de débrancher les trois chaînes du groupe ERT en raison de sa mauvaise gestion. Le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a expliqué à la presse que le groupe est « un cas exceptionnel d’absence de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant ». Ce dernier a précisé que le groupe pourrait rouvrir sous une autre forme, avec moins de salariés. Les 2.656 salariés actuels devraient recevoir une compensation pour la perte de leur emploi et seront autorisés à postuler à un emploi dans la nouvelle structure, a précisé le porte-parole du gouvernement.

L’annonce du gouvernement a été faite « sans préavis » alors que les représentants de la troïka (UE-BCE-FMI) étaient à Athènes pour échanger sur le budget du pays. D’après le mémorandum signé entre les créanciers et Athènes, la chaine ERT, appartenant aux multiples organismes d’État, devait être restructurée ou fusionnée. Une décision vivement dénoncée par le syndicat GSEE, qui a expliqué que l’ « ERT appartient au peuple grec… C’est le seul média indépendant et la seule voix publique, qui doit rester dans le domaine public (…) Nous condamnons cette décision soudaine ».

De son côté, le syndicat de journalistes Poesy a appelé à une grève immédiate de soutien dans les médias privés. Ce dernier a expliqué que « le gouvernement est déterminé à sacrifier la télévision publique et la radio » pour répondre aux exigences des créanciers. Sous le choc, citoyens et journalistes ont dénoncé l’annonce du gouvernement qui a rendu public — dans la journée de mardi — un texte législatif autorisant l’arrêt du fonctionnement d’un organisme public en cas de fusion ou de restructuration.

La Grèce sous la loi de la troïka

En visite à Athènes, la troïka a imposé un programme d’austérité en échange d’une aide financière internationale. Ce plan de sauvetage devrait atteindre près de 1,8 milliard d’euros d’ici fin septembre 2013 par le biais de privatisations, avec près de 2,5 milliards d’euros d’ici la fin de l’année. Cependant, l’objectif de déficit budgétaire de la Grèce pourrait être atteint, a annoncé le gouvernement lundi. Celui-ci aurait été ramené à 1,0 milliard d’euros, hors collectivités locales et sécurité sociale, d’après le gouvernement.

« La situation budgétaire du pays s’est améliorée au cours de cette période de cinq mois et l’objectif d’un excédent budgétaire primaire semble pouvoir être atteint », s’est félicité le ministre délégué aux Finances Christos Staikouras. Cette annonce survient alors que le produit intérieur brut (PIB) a baissé de 5,6% en rythme annuel au premier trimestre. La mission de la troïka (Commission européenne, FMI et BCE) sera donc d’évaluer la situation des finances publiques et des réformes prévues par le plan d’aide international. Cette mission pourrait aboutir à de nouvelles mesures d’austérité, car l’arrêt de la chaine ERT est un exemple de la privatisation des entreprises publiques imposées par la troïka.

Toutefois, face au mouvement de contestation, la Commission européenne dément avoir commandé la fermeture de la télévision grecque. Suite aux accusations des syndicats grecs et de certains eurodéputés, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn a expliqué que « La Commission a pris note de la décision des autorités grecques, une décision qui a été prise en toute indépendance par le gouvernement grec. La Commission n’a pas demandé la fermeture d’ERT mais elle ne remet pas non plus en cause le mandat du gouvernement grec de gérer son secteur public ». Cependant, ce dernier a précisé que « la décision a été prise dans le cadre des efforts importants réalisés par les autorités pour moderniser l’économie grecque », cadre mit en place par la troïka.

Un «  coup d’État  »

Le syndicat GSEE a jugé cette décision de « coup d’État » et dénoncé « la persistance du gouvernement à prendre des décisions antidémocratiques extrêmes ». De son côté, le syndicat Adedy appelle les fonctionnaires à participer à cette grève en dénonçant « la mort brutale de l’ERT par un décret législatif (….) dont l’objectif est la suppression des organismes publics et le licenciement de 14.000 fonctionnaires » dans le cadre des politiques d’austérité.

Les syndicalistes et le leader de l’opposition Alexis Tsipras (gauche radicale, Syriza) ont demandé au président grec Carolos Papoulias de ne pas signer le projet de loi, déposé mercredi dans la journée. Celui-ci réorganise tout l’audiovisuel public grec, télévision, radio et internet, et crée une nouvelle société publique, Nerit S.A. Ce décret « abusivement baptisé décret présidentiel, qui est en fait une bizarrerie permise par la constitution grecque en cas de situation exceptionnelle », a noté l’Agence France Presse.

Pour le politologue Ilias Nikolakopoulos, il s’agit d’une « nouvelle crise politique », car les deux partenaires de la coalition gouvernementale, le Pasok socialiste et le Dimar (gauche modérée) ont déclaré publiquement leur opposition au premier décret. D’après le politologue, le gouvernement, dirigé par le premier ministre conservateur Antonis Samaras (Nouvelle-Démocratie) « va tâcher de faire voter très rapidement son projet de réorganisation de l’audiovisuel public par les trois partis de la coalition ». Mais les Grecs, fatigués du contexte économique, social et politique pourraient massivement répondre présents jeudi, à l’appel des syndicats. « Ils ne veulent plus rien dans le public, les hôpitaux, les écoles, tout s’en va, ce sont des barbares », a déploré une manifestante à l’AFP.

13 juin 2013

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Un nouveau type de coopération sino-américain

Après deux jours d’échange, les présidents Barack Obama et Xi Jinping  ont annoncé la mise en place un nouveau type de coopération, sans confrontation, avec un « respect mutuel » et une coopération dans le cadre d’un « résultat gagnant-gagnant ».

Pour Barack Obama, la relation sino-américaine « est importante non seulement pour nos deux pays, mais aussi (…) pour le monde ». Les deux dirigeants vont maintenir la coordination et la coopération, améliorer la gouvernance économique à l’échelle mondiale et promouvoir conjointement une croissance forte, équilibrée et durable de l’économie mondiale, a indiqué l’agence de presse chinoise, Xinhua.

Xi Jinping et Barack Obama

Entente sur les points de tensions

Sur la question de la cyber-sécurité, le président chinois « a pris acte » des propos de Barack Obama. Ce dernier avait indiqué qu’il s’agissait d’un problème « central », qui pourrait constituer « un obstacle à de bonnes relations », si celui-ci n’était pas pris au sérieux. « La question de la cyber-sécurité et le besoin de règles et d’approches communes, vont devenir de plus en plus importants dans le cadre de nos relations bilatérales et multilatérales », a indiqué à la presse Barack Obama.

Les représentants chinois ont de leurs côtés indiqué être régulièrement la cible de cyber-espionnage, venu de l’extérieur mais également de l’intérieur. Xi Jinping a ainsi expliqué que « la mise en place de nouvelles technologies peut créer de nouvelles problématiques pour les régulateurs et peut mettre en péril les droits des Etats, des individus et des entreprises ».

En dépit des positions divergentes, les deux parties ont convenu de renforcer le dialogue, la coordination et la coopération, à travers « une coopération bilatérale au lieu d’être une source de suspicion et de friction », mais également des « règles du jeu communes », respectées par les deux pays.

Autre dossier. Les deux présidents ont annoncé être « pleinement en accord » pour dénucléariser la péninsule nord-coréenne. Le président Xi Jinping a d’ailleurs indiqué que son pays « adhère au principe selon lequel le problème devrait être réglé à travers le dialogue et la consultation, et continuera de mener des efforts incessants pour parvenir à une solution ».

L’annonce d’une entente commune sur le dossier nord-coréen est intervenue au moment même où la Corée du Nord et la Corée du Sud ont repris la table de discussions, après des mois de très vive tension. Pékin, alliée historique de Pyongyang, avait fait part de son inquiétude et de son irritation après les menaces répétées de Kim Jong-Un.

Accord inédit sur le climat

Suite à cette rencontre, un communiqué a été diffusé mettant en avant l’effort commun consenti contre le changement climatique, avec pour ligne de mire, les hydrofluorocarbones (HFC). Ces gaz industriels sont considérés comme des « super » gaz à effet de serre, utilisés dans la réfrigération, la climatisation et pour des applications industrielles.

Le communiqué de la Maison Blanche a expliqué que « le président Obama et le président Xi ont conclu un accord qui représente une nouvelle étape importante pour lutter contre le réchauffement climatique ». « Pour la première fois, les États-Unis et la Chine travailleront ensemble et avec d’autres pays (…) pour faire baisser la consommation et la production d’hydrofluorocarbures », a noté le texte.

Il s’agit de mettre en place « une limitation globale des HFC » qui pourrait « potentiellement réduire de 90 gigatonnes les émissions en équivalent CO2 d’ici 2050, soit environ l’équivalent de deux ans d’émissions de tous les gaz à effet de serre ». Cette initiative va passer par « les institutions du protocole de Montréal considéré comme le traité climatique le plus réussi ». D’après le conseiller d’Etat chinois Yang Jiechi, Brack Obama et Xi Jinping ont convenu de « travailler de concert » pour faire face aux changements climatiques et réduire la production et la consommation des HFC.

D’ailleurs, selon ce dernier, les deux pays ont décidé de renforcer « la coordination et la coopération pratique sur le changement climatique via le groupe de travail bilatéral ad hoc ». L’objectif est de s’appuyer sur les expertises et les institutions du Protocole de Montréal, afin de réduire progressivement la production et la consommation des HFC et continuer à respecter les restrictions sur les HFC inscrites au Protocole de Kyoto et dans la Convention de cadre de travail de l’ONU sur le changement climatique.

Une rencontre « constructive »

Autre point sensible, la vente d’arme à Taiwan. Yang Jiechi a expliqué à la presse que les deux hommes « n’ont pas hésité à parler de leurs divergences ».  Si bien que Xi Jinping a appelé les États-Unis à mettre fin à leurs ventes d’armes à Taïwan, et rappelé « les revendications territoriales de son pays en mer de Chine méridionale, tout en promettant d’y trouver une solution pacifique ».

A quelques heures de l’arrivée de Xi Jinping, Barack Obama a expliqué que « Nous, deux grandes économies mondiales, aurons sans doute une concurrence économique saine. Mais nous avons également des défis à relever ensemble: des programmes nucléaires et balistiques nord-coréens et de la non-prolifération nucléaire au changement climatique ». En effet, les deux pays ont intérêt à apaiser toutes les tensions pour pouvoir pérenniser leurs politiques nationales économiques et réforme en cours.

Lors de cette rencontre, Xi Jinping a résumé ce nouveau type de relation bilatérale par « pas de conflit et pas de confrontation », « respect mutuel » et « coopérer pour obtenir des résultats gagnant-gagnant ». Une nouvelle relation mise en avant par son style décontracté et non protocolaire, démontrant ainsi la nouvelle politique menée par Pékin au sein de son pays et à l’extérieur. En effet, se voulant plus ouvert et diplomatique, Xi Jinping est parvenu à convaincre de sa volonté de changer les règles du jeu diplomatique.

Pour conclure, Yang Jiechi a expliqué que « le sommet Xi-Obama revêt une importance stratégique, constructive et historique, et aura un effet positif sur le développement futur des liens sino-américains, sur la paix, la stabilité ainsi que la prospérité dans la région et au monde entier ».

Témoignages – 10 juin 2013

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